Le
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Il y a maintenant quatre ans, mon dermatologue m'a avisée que je souffrais d'une condition de la peau nommée, dermite séborrhéique, qui est en fait une forme d'eczéma dont on ne connaît pas très bien la cause. Cette affection avait malheureusement atteint mon cuir chevelu. Après m'avoir prescrit nombre de shampoing et de lotions à base de cortisone, il s'empressa d’émettre ces "petites" recommandations:

-Vous devez appliquer ces lotions sur votre cuir chevelu au moins 3 fois par jour et vous laver les cheveux 3 à 4 fois par semaine.

À ces mots, une réflexion ironique me traversa l'esprit: "Un homme blanc-- Que sait-il du temps requis pour entretenir une chevelure de type négroïde? Aucune chance que je me lave les cheveux aussi souvent. Je ne vais quand même pas passer ma vie entre la douche et le salon de coiffure!" Oui, parce qu'il faut admettre qu'à cette époque, je fréquentais les salons de coiffure 2 à 3 fois par mois pour les soins capillaires de base (ce qui était à mon avis beaucoup trop). L’ironie de cette réflexion s'expliquer du fait que je n'avais moi-même aucune idée de la manière adéquate d'entretenir ma chevelure puisque j'avais légué cette responsabilité à la coiffeuse y'a belle lurette. Je m’étais convaincue de l'idiotie de cet avis médical en me disant que mes cheveux chimiquement défrisés ne sauraient subsister à un tel régime..

-Ah! Et aussi, renchérit-il, vous devriez cesser de vous défriser les cheveux.

-Pardon?!

-Votre cuir chevelu s'en portera bien mieux, croyez-moi.

J'étais sidérée! Ce "spécialiste" des maladies de la peau venait-il de suggérer que je cesse de me défriser les cheveux?! Non mais! Pour qui se prenait-il?! De 1) il n'était pas question que je me rase la tête (parce qu'évidemment il fallait tout raser pour mes cheveux retrouvent leur texture naturelle). Et de 2) ce médecin ne pouvait sérieusement pas penser qu'il serait plus facile de suivre ses recommandations si je portais les cheveux crépus?! L'unique souvenir de ma mère me démêlant la tignasse après la séance de lavage me pétrifiait. Chaque lavage était un combat sans merci entre le peigne, que ma maman magnait d'une main de fer, et les millions de ressorts comprimés par l'humidité qui me servait de coiffe. L'HOR-REUR! Je ne tenais vraiment pas à revivre ces souvenirs on ne peut plus pénible.

Suite au rendez-vous médical, j'essayai au mieux de mes compétences de suivre les indications du docteur. Je commençai par espacer les défrisants au 3 mois plutôt qu’aux 8 semaines. Ensuite, je pris soin de m'informer des produits qui m'aideraient à entretenir ma coiffe à domicile et de façon hebdomadaire. Ainsi, pendant près de 2 ans et demi je lavais mes cheveux 2 à 3 fois par semaine pendant la période estivale et 1 à 2 fois par semaine en hiver. À ma grande surprise, mes cheveux (et mon cuir chevelu) s'en portait mieux. Il était toujours aussi long, brillant et même plus épais. Contrairement à ce qu'on m'avait toujours dit, le lavage régulier ne cassait pas mes cheveux, bien au contraire. Mais les séances de lissage au fer plat qui devenait de plus en plus régulières commençaient peu à peu à en affaiblir les fines tiges. C'est alors qu'une de mes amies m'introduisit au traitement miraculeux du lissage à la kératine (lissage brésilien). Cette méthode onéreuse devait, apparemment, réparée les cheveux ternes et cassant tout en les gardant droits, lisses et brillants pendant toute la durée de vie du produit qui pouvait s'étendre jusqu'à 3 mois. C'était exactement ce donc j'avais besoin! Un 2 en 1: un traitement ET une méthode de lissage presque permanent "sans" produits chimiques (puisse que la kératine est une protéine naturellement présente dans les cheveux)

Les premières semaines du traitement furent idylliques. Plus de frisottis, lavage et séchage rapide, brillance... Quoi demander de plus? Mais au bout de quelques temps, je me rendis compte que mes cheveux perdaient de leur vitalité et de leur splendeur. Au prochain défrisant, je n'avais plus le choix de les couper. C'est ce que je fis le 12 octobre 2010; date marquant un tournant important pour ma chevelure. Pour la première fois de ma vie mes cheveux étaient significativement plus courts que la hauteur de mes épaules. Quel choque! Ravissant, certes, mais si différent. Toutefois, le fait saillant de ce 12 octobre ne fut malheureusement pas ma nouvelle coupe de cheveux... Jamais je n'avais ressenti une douleur aussi intense lors du processus de défrisage. JAMAIS! C'est indescriptible. C'était comme si on s’acharnait à me scalper pendant que mon cuir chevelu était en flamme. J'avais l'impression que ma tête était en sang et qu'il ne me resterait plus aucun poil sur le crâne après le rinçage. J'essayais en vain de retenir mes larmes mais rien à faire. C'était trop douloureux. Nul besoin de vous exprimer mon soulagement lorsque qu'assise face au miroir de la coiffeuse je constatai que tous mes cheveux étaient encore là. Par contre, chaque coup de peigne devenait comme une lame tranchante sur la peau encore endolorie. Lorsque vint le temps d'ôter les rouleaux pour me coiffer, ma tête me faisait tellement mal que je refusai qu'on la manipule une fois de plus. En sortant du salon, ma tuque bien enfoncée sur la tête, c'était tout réfléchi: Adieu le défrisant!

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